Les Jeux Olympiques représentent le Graal pour tout sportif, mais également pour ceux qui les entourent. Les cinq anneaux font aussi rêver les journalistes et autres corps de métier qui veulent goûter au rêve Olympique. MaxComm y a eu droit cet été, et plus précisément moi, Sophia Urban. J’ai accompagné Swiss Sailing Team dans la « Cidade Maravilhosa », du 1er au 22 août, pour m’occuper de la communication de l’équipe, des relations presse et des vidéos.

Inutile de préciser que, étant d’origine brésilienne, vivre mes premiers J.O. à Rio de Janeiro était inespéré ! La magie a opéré dès le départ de Zürich, puisque j’ai eu la chance de voler dans l’avion spécial Swiss Olympic. L’excitation générale était palpable, les selfies fusaient, le tout en uniforme Nike rouge et blanc. Sobre mais classe, notre petite nation avait fière allure !

Première mission à mon arrivée à Rio : récupérer mon accréditation, prendre mes marques au centre de presse et découvrir la Marina de Gloria, où se couraient les régates Olympiques. La légèreté brésilienne a été utile les premiers jours : les contrôles très discrets (voire inexistants) m’ont permis de me promener partout avec l’équipe, et de pouvoir suivre leurs préparatifs au plus près. Une fois les compétitions lancées, les journalistes étaient confinés au centre media et à la zone mixte (l’espace qui permet aux journalistes de rencontrer les athlètes), sans négociation possible. L’occasion pour moi de voir passer Peter Burling, Blair Tuke et autres stars de la voile 😉

Avant le début des régates, j’ai réalisé les interviews vidéo des cinq équipages suisses, pour ne pas les déranger pendant la compétition. Je m’adressais par la suite plutôt aux coaches, afin de protéger leurs navigateurs déjà très prisés par les médias. En effet, la voile suisse, souvent délaissée par les médias locaux au profit du foot ou du hockey, a tout d’un coup reçu beaucoup d’attention. Nos neuf navigateurs étaient demandés en zone mixte (passage obligatoire à la fin de chaque journée de compétition), pour revenir sur leurs résultats ou sur la qualité de l’eau. Forcément…

La gestion des journalistes sur place et en Suisse a pris du temps, mais porté ses fruits : SST a bénéficié d’un bon suivi de la part des médias, qui ont été (dans l’ensemble et sauf quelques exceptions) positifs et justes dans leurs récits. Les régatiers suisses peuvent être fiers d’avoir reçu quotidiennement la visite de journalistes helvétiques à la Marina de Gloria.

Le centre de presse m’a permis de donner un peu de visibilité à notre nation lacustre auprès des autres fédérations, et de World Sailing. J’ai d’abord été surprise par le comportement presque sectaire des grandes nations de la voile (GBR, AUS, CAN, USA, NZL…) : leurs représentants avaient leur table attitrée et ne se mélangeaient pas à nous, petites fédérations. Mais les rencontres autour de la machine à café (et les quelques caipirinhas partagées après la compétition, certes!) ont facilité la discussion. Des rencontres précieuses pour la notoriété de Swiss Sailing Team, et très enrichissantes pour moi, personnellement.

Mon objectif principal pendant ces Jeux était de faire vibrer le public Suisse à distance, de représenter Swiss Sailing Team sur place et de satisfaire les demandes des médias, en évitant de déranger les athlètes dans leur performance. Un sacré challenge, facilité par ma proximité avec l’équipe et l’excellente collaboration de chacun. J’ai eu la chance d’avoir accès à la maison officielle de SST, et la règle était claire : lorsque j’étais dans la maison avec eux, c’était pour partager des repas et moments conviviaux avec eux. Pas d’interviews ou autre tâches professionnelles, qui étaient réalisées à l’extérieur. L’occasion pour moi de savourer chaque instant dans l’intimité de l’équipe, une chance dont j’ai conscience. Malgré la pression évidente, l’ambiance y était très positive. Sur la terrasse surplombant la baie ou à table autour des repas brésiliens préparés par notre cuisiner, les équipes (athlètes et coaches) se mélangeaient pour échanger, sur la voile, les JO mais pas seulement ! Malgré la barrière de la langue, aucun röstigraben n’est à signaler dans la délégation. La faute, sans doute, à des navigateurs très drôles (Lucien et Maja, pour n’en citer que deux), et à la bonne humeur espagnole omniprésente grâce à nos quatre hispaniques de l’équipe. Mais surtout à un projet sérieux, tant par l’infrastructure de la maison, que par le professionnalisme de chaque membre de l’équipe, qui permettait à chacun de souffler dans un cadre serein.

Finalement, les longues heures de travail et les nuits courtes me laissent un souvenir exceptionnel : vivre trois semaines au coeur des Jeux Olympiques est une expérience unique. On rencontre des personnes venues du monde entier, que l’on n’aurait jamais eu la chance de côtoyer ailleurs. On vit des émotions, tant positives que négatives, d’une puissance extrême, véhiculées par des athlètes qui ont tout laissé de côté pour ces cinq anneaux.

Je retiens de ces jeux une expérience professionnelle au sommet, hyper enrichissante personnellement, mais surtout, une aventure partagée avec neuf navigateurs qui m’ont fait rêver. La sensation d’avoir atteint, à 27 ans, une forme d’apogée de ce qu’une attachée de presse peut vivre dans sa carrière. Il ne me reste plus qu’à patienter quatre ans pour retourner sur ce nuage Olympique… Merci à chaque membre de la délégation suisse de voile d’avoir rendu cette expérience inoubliable !